édito

En l’espace de deux décennies, et plus désormais, le festival des jazz(s) du Bleu en hiver a trouvé son public et sa reconnaissance populaire, en décloisonnant les esthétiques musicales grâce aux fidèles soutiens publics et privés et au partenariat qui a fondé cet évènement.

Les femmes, les hommes qui font vivre L’empreinte, Des Lendemains Qui Chantent, Le Maxiphone, la ligue de l’enseignement, le collectif Vacance Entropie, chacun.e met en partage ses découvertes, ses envies, s’ouvre aux cultures affinitaires qui assurent un développement durable !

L’édition 2026 ne dément pas la générosité et la diversité de l’offre : Rhoda Scott, Roberto Negro, Hugh Coltman, Anne Pacéo, Orchestra Baobab, Lagon Nwar pour ne citer que quelques concerts des deux théâtres de Tulle et Brive. Bien d’autres artistes encore sont au rendez-vous du Bleu pour des actions culturelles, une projection de film au VEO, une exposition à la Cour des arts, des concerts accessibles à tous.tes, notamment au Magic Mirror qui offre son ambiance chaleureuse de velours, de lumières colorées, de miroirs biseautés à la nuit tombée.

Le monde va mal. Le jazz reste vivant et créatif. Envers et contre tout, ses musicien.ne.s font ce qu’elles et ils savent faire tellement mieux que d’autres : inventer, improviser (la plus joyeuse des libertés musicales) jouer avec le bonheur au cœur et nous le faire partager.

Merci à eux, merci à toutes et tous, et ensemble « allons voir ce que la vie nous réserve ».

Dominique Grador, Présidente de l’association Du bleu en hiver

Fred Pouget
Le Maxiphone
Sauvage

1 CD Le Maxiphone / L’Autre Distribution, sortie le 19/9

NOUVEAUTÉ. Fred Pouget et ses complices du Maxiphone rendent un hommage enthousiasmant à la musique de Jean-Philippe Rameau. Une réussite totale.

On fouille dans le tiroir aux adjectifs qualificatifs, et l’on a du mal à choisir le bon pour décrire ce disque admirable, fou, vertigineux, étourdissant autour du compositeur des Indes Galantes (1735), dont les mélodies avaient inspiré il y a trente ans Louis Sclavis (“Les Violences de Rameau”, La Buissonne). Et si le bon adjectif était simplement “inouï” ? À cause de l’instrumentation d’abord, où se côtoient vielle à roue, effets électroniques, accordéon diatonique, mandoline, et une section de vents qui s’envole avec grâce et allégresse… Avec cet instrumentarium, Fred Pouget joue à déjouer Rameau. Il le coud, le découd. Il le fait disparaître et réapparaître. Il y trouve des chemins creux. C’est ainsi que Sauvage, l’un des morceaux-phares du compositeur, est d’abord énoncé, avec une tendresse presque élégiaque, puis joué avec des commentaires et des ornementations, avant un solo rêveur et poétique de Maïlys Maronne, semé d’effets électroniques et de dissonances. Puis le thème s’envole ailleurs, comme s’il avait ouvert la fenêtre. Avant bien entendu de revenir par la porte, tout en dissonances et en fêlures. Les introductions sont des merveilles. Par exemple, ce solo de batterie tribal d’Adrien Chennebault dans Les Trois mains. Une alternance très rare entre la déconstruction (toujours ludique) et le plaisir au premier degré d’énoncer ces mélodies immortelles. Dans ce disque, des surprises nous attendent à chaque coin de rue.

Jean-François Mondot

Fred Pouget (cl, ar), Rozann Bézier (tb), Anne Colas (fl), Adrien Chennebault (dm, perc), Maarten Decombel (g, mandoline, voc), Janick Martin (acc), Maïlys Maronne (clav, p, voc), Benoît Michaud (vielle à roue électro-acoustique), Ömeir Sagirdiek (bs, elec), Guillaume Schmidt (saxes).
Amiens, juin 2024.

A la découverte de l'album "Sauvage" du Maxiphone, un ensemble dirigé par le clarinettiste Frédéric Pouget qui revisite avec brio quelques airs baroques de Jean-Philippe Rameau. 

Vous reprendrez bien un brin de Rameau ? Porté par des chants d’oiseaux, pas forcément de colombes, et accompagné par des souffles, non pas de zéphyr, mais des vents et des toms errants du Maxiphone.

  • SAUVAGE

    Le projet « Sauvage » est en lui même un défi, il s’attache à un sujet délicat et passionnant, une des musiques les plus mélodiques qui soient, gravée de fait dans nos mémoires, celle de Jean Philippe Rameau, intimidant symbole du classicisme français. «Sauvage », c‘est un travail d’équilibriste, de funambule.

  • H.ū.L.K.

    Véritable Power Trio. A bien entendre son patronyme, on imagine la force qui réunit ces trois musiciens.
    H.ū.L.K. n’est donc pas vert de peur quand il s’agit de mélanger les genres.

  • ROSE

    Ce projet est une vision de la danse mythique du Massif Central, cette forme particulière faite de sauvagerie, de mystère et de hargne, méconnue, folklorisée, moquée, mais qui résiste à toute tentative de déstabilisation : La Bourrée.